CRITIQUE DE JEAN-PIERRE JACKSON DANS LE MENSUEL CLASSICA D’AVRIL 2011
Le David Sauzay Quintet jouait au Péristyle de l’Opéra du 26 au 28 août.
La qualité de la programmation de cet été de jazz au Péristyle ne se dément pas. Du 26 au 28 août, c’était le David Sauzay Quintet. Le groupe a convaincu, la chaleur des applaudissements du public en atteste. Qualité d’écriture, impros inspirées et virtuoses, swing, tout est là ! C’est un jazz très moderne, très actuel, qui, en même temps, assume complètement les héritages de la tradition.
HERVE LAURENT /RADIO PLURIEL LYON 28/10/2010
"un gros dossier" tel est le qualificatif que j'ai pu entendre à l'issue de cette première soirée du quintet de David Sauzay au Péristyle. D'ailleurs il y avait des signes qui ne trompaient pas. La foule des grands soirs, mais ça on a l'habitude au Péristyle mais surtout de nombreux musiciens et des professionnels du jazz qui s'étaient donné rendez-vous pour assister à ce concert.
Les amateur de bop de bonne facture ont été comblés. Le quintet était très en forme et chacun a eu à coeur de donner le meilleur son art. On commence par le leader évidemment, David Sauzay qui connait toutes les ficelles de son sax ténor Mark VI et déroule avec une aisance agréable des standards et des compositions.
On entendra des morceaux "inoxydables" comme Unforgettable ; The shadow of your smile ; Embraceable you ; Cry me a river (sur un tempo de bossa rapide assez surprenant). Standards judicieusement répartis sur les trois sets et mélangés avec des compositions de David Sauzay (Plaing staight ; Music with my kids ..) et de Christophe Métra (Cloud Seven Street). Ce dernier nous a fait une très forte impression ce soir notamment au bugle avec un son bien en place et rond à souhait. Une belle émulation et coopération entre les deux soufflants qui se connaissent et s'apprécient depuis de longues années.
Sur le côté, Wilhelm Coppey n'était pas en reste et nous a servi tout au long de la soirée de belles plages au piano. Un jeu délicat et capable d'une belle énergie là où c'était nécessaire. Un choix judicieux que ce pianiste lyonnais pour cette musique.
Derrière la rythmique habituelle est efficace: Michel Rosciglione assure avec humilité à la contrebasse et Mourad Benhammou marque son territoire aux fûts.
Le public est enthousiaste et applaudit avec vigueur à chaque chorus. Une belle soirée de jazz (encore !) au Péristyle.
Pascal Derathé JAZZRHONE-ALPES 26/10/2010
Open Highway du quintet de David Sauzay / JAZZ RHONE ALPES MAI 2011

Grand plaisir d'écouter un CD que vient de sortir le Label Black and Blue. Il s'agit du dernier disque du saxophoniste ténor David Sauzay, "Open Highway". Il nous propose rien de moins que six nouvelles compositions Playing to win, Up and Fast, Dear You, Music for my kids, Right in time, Straight forward et quatre reprises arrangées de façon originale dont Unforgettable, Corcovado, Cry me a river, et le thème éponyme si peu connu du trompettiste John Swana, Open Highway.
Beauté des compositions, comme par exemple le viril Playing to win, la douceur contemplative de Dear you (un beau duo du ténor de David et du piano d'Alain Jean-Marie: à se laisser porter par les espaces déployés,on songe à Naima parfois) ou la valse lumineuse Music for my kids, vive, légère et pleine de rires d'enfants. Et la richesse de ces univers enchante. La facture irréprochable d'arrangements qui sonnent, devrait aussi séduire comme ils m' ont séduit. Ecoutez Music for my kids justement, ou Right on Time.
Ce que j'ai goûté aussi c'est le parti pris délibéré de varier les formules instrumentales, puisque avec une belle cohérence, David nous propose d'abord quatre thèmes en quartet :Playing to win, Unforgettable, Up and fast ou en duo (Dear you qui exigeait un climat intimiste et ouvert à la fois). Les autres thèmes étant déclinés en sextet, (avec Fabien Mary à la trompette Michel Joussein au trombone ; ou en quintet, pour le dernier Cry me a river enregistré en public au Crescent avec la participation exceptionnelle des amis lyonnais Wilhelm Coppey au piano et Christophe Metra à la trompette.
Enfin je me suis laissé une fois de plus subjuguer par le jeu de saxophone de David et le choix de ses musiciens. L'ampleur du son du ténor (Playin to win, Right on time, Up and fast, attention au passage tenor-batterie,) du phrasé et la vélocité du jeu -coltranien à l'évidence- tout cela est construit, solide, mais aussi ouvert à d'autres influences actuelles : Eric Alexander, Joshua Redman. Cela fait de David Sauzay un saxophoniste décidément moderne et démontre à l'envie que le be-pop est une musique vivante, une musique d'aujourd'hui. Le blues et le Jazz ne sont-ils pas les racines dont tout le reste s'est nourri ? Un be-bop coloré d'influences modales et latines (écoutez Playing to win ou Right on time), c'est-à-dire résolument ouvert. (N.B. Il faudrait d'ailleurs que les critiques parfois trop pressés cessent un peu de soumettre l'art qui est éternel et vivant, au diktat d'une lecture historique - le contre-sens esthétique majeur- qui soumet la musique à la mode, laquelle est toujours éphémère et déjà un peu morte)
Cette vitalité-surtout dans le jazz- se construit de mille échanges et de ce point de vue le background de David est plutôt fourni - du big band de John Ellis qui déclenche sa vocation de professionnel à Carla Bley en passant par Tete Montaliou, Mulgrew Miller, John Abercrombie, Albert Mangelsdorf et quelques autres-. La capacité de nouer des relations, de participer aux projets des autres est grande. Le choix de Michel Rosciglione à la contrebasse, et de Mourad Benhammou à la batterie et d'Alain Jean-Marie au piano, deux musiciens qui s'estiment réciproquement depuis fort longtemps (voir leur premier projet ensemble autour de Monk et le disque de Mourad auquel participa David (Perk'snare) est partie prenante du projet musical. Générosité dans les concerts (plutôt trois set que deux, voire quatre puisque le bœuf est consacré) et avec ses amis, des fidélités de longue date (Christophe Metra, un ami du conservatoire, et quel talent !), tout cela fait la belle musique.
Merci pour ce beau CD Mr Sauzay.
Bernard Otternaud